L'affaire Dominici

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L'affaire Dominici

Message par Azimut le Mar 18 Aoû - 16:29

Ce fait divers, qui avait défrayé la chronique dans les années 50, reste encore à ce jour une des plus mystérieuses affaires judiciaires françaises. Cette histoire, qui au départ, semble être un simple et banal fait divers, va vite se retrouver au centre de tous les tabloïds de l’époque. Des erreurs policières, des témoignages incohérents, mais également des hypothèses d’espionnage vont semer le trouble et rendre cette affaire incroyablement complexe. Un accusé sera jugé et condamné, mais était-il vraiment coupable ? A-t-il agi seul ? Cette affaire ne cache-t-elle pas un secret politique ou autre chose de plus grave, qui pourrait secouer l’édifice étatique ?



Les faits

Ils sont très simples. Dans la nuit du 4 au 5 août, aux alentours d’une heure du matin, une famille anglaise est sauvagement assassinée près du village de Lurs dans les Basses-Alpes (renommées aujourd’hui Alpes de Haute-Provence). Les meurtres ont eu lieu au bord de la nationale 96 au kilomètre 32. A 150 mètres de ce point se trouve la ferme de la Grand’Terre, propriété de la famille Dominici. Les victimes, Sir Jack Drummond et son épouse, ont été tués par balle près de leur véhicule et la petite Elizabeth, 10 ans, est retrouvé à 80 mètres de ses parents, le visage ensanglanté. Elle a reçu 2 ou 3 coups mortels à l’aide d’un objet contondant.



La découverte des corps

Le corps d’Elizabeth a été découvert par Gustave Dominici vers 5h30, alors qu’il se rendait vers un petit éboulement survenu la veille près de la voie de chemin de fer qui borde la N96. Les Dominici avaient passablement arrosé leurs champs, et suite à l’accumulation d’eau, il pouvait se produire de légers glissements sur la voie ferroviaire. Afin d’éviter ce genre de mésaventures, les Dominici avaient construit une sorte de canal de régulation avec des vannes. Malheureusement ce jour là, un probable terrier de lapin avait fait s’effondrer un bord de talus. Gustave passe près de la voiture en coupant légèrement dans les champs mais ne remarque rien. Puis passant le pont de chemin de fer, il aperçoit le corps d’Elizabeth en contre bas. Il se dirige vers elle et constate son décès. Sous le choc, il retourne en direction de la nationale et alerte un motocycliste, lui disant qu’il faut avertir la police. Il est 5h45. A 6h30, Clovis Dominici, frère de Gustave, se rend à son travail à la gare de Lurs. Son trajet passant par la ferme, il s’arrête en chemin et apprend la nouvelle. Il se rend avec le cantonnier Boyer sur les lieux. En remontant le talus, il rencontre M. Roure (le chef de Clovis) qui était venu constater les dégâts de l’éboulement. Les 3 hommes repartent en direction de la route et rencontrent les deux autres cadavres. Il est 6h45.




Les constatations

C’est seulement vers 7h15 que deux gendarmes (Romanet et Bouchier) de Forcalquier arrivent sur les lieux et constatent le carnage. Romanet file avertir le maire de Lurs et le médecin, pendant que Bouchier établit un rapport. Romanet revient avec 4 gendarmes vers 8h30. Ceux-ci prennent divers clichés des scènes de crimes. Le Dr. Dragon d’Oraison, effectue les premières constations médicales vers 9h00. Sir Jack Drummond a reçu 3 balles. Deux dans le dos et une dans la main. Lady Drummond, trois balles dans la région du cœur. La petite Elizabeth a reçu plusieurs coups au visage à l’aide d’un objet contondant. Il remarque que les pieds de la petite ne présentent aucunes écorchures. Ce qui est surprenant, car pour courir près de 100 mètres sur un chemin caillouteux sans s’abimer les pieds… ! A 10h00 le juge d’instruction Periès arrive sur les lieux en compagnie du procureur de la république, du greffier et du juge de paix de Peyruis. Vers 14h00 l’identité judiciaire de Marseille apparait, composée du Divisionnaire Harzic, du Commissaire Sébeille et de 5 autres inspecteurs. Sébeille part ensuite assister aux autopsies, suite aux ordres de Périès, qui demande l’évacuation des corps pour autopsie. D’un autre côté, les enquêteurs trouvent des douilles ainsi que des cartouches non tirées. De plus, il retrouve une balle logée dans le parapet du pont de chemin de fer.

A 19h00 un fusil semi-automatique est retrouvé dans un trou d’eau douce sur les berges de la Durance. Le fusil est brisé en deux et semble provenir de la 2ème guerre mondiale. C’est un modèle américain de marque Rock-Ola. Sébeille, une demi-heure plus tard fait une première conférence de presse, annonçant la découverte de l’arme et présumant que celle-ci appartient très certainement à un habitant de la région. D’après lui cette arme va parler et elle semble être un élément déterminant dans l’enquête.

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L’enquête

Nous n’allons pas nous attarder sur tous les éléments, qui constitueraient un dossier beaucoup trop volumineux, mais nous focaliser sur les plus importants et les plus marquants. Contrairement aux idées reçues, Sébeille se lance dans un porte-à-porte serré afin de découvrir à qui appartient l’arme et surtout afin de récolter un maximum de témoignages. Il prend également les dépositions des Dominici qui disent avoir effectivement entendu des coups de feu vers 1h du matin, en pensant qu’il s’agissait de braconniers, fréquent dans la région. Puis Gustave explique la découverte des corps et son emploi du temps. Gaston, le père, déclare qu’il a quitté la maison vers 4h30 et qu’il est parti dans la direction opposé des Drummond pour faire paître ses chèvres. Il est revenu vers 8h00. Sébeille n’insiste pas plus et continue ses investigations. Le 7 août, il revient chez les Dominici pour une perquisition en vue de retrouver des indices de possession de cette arme, comme il l’a fait chez de nombreux autres habitants. Il en profite pour soulever quelques autres points qui lui semblent curieux, notamment par rapport aux déclarations de Gustave. Mais Gustave ne convainc pas Sébeille, au contraire, il s’enlise dans des propos incohérents. Le 29 août, Sébeille perquisitionne chez Paul Maillet et retrouve 1 fusil de chasse et 2 mitraillettes Sten, qui proviennent également de la 2e guerre. Il faut dire que la région fut un haut lieu de la résistance et que les habitants échangeaient facilement des vivres contre des armes à la Libération. De plus, Maillet était connu pour avoir été le chef de la cellule communiste lors de la résistance. Le 4 septembre, Gustave Dominici est à nouveau entendu pendant près de 20 heures, au terme desquelles il avoue bien avoir vu les cadavres lorsqu’il avait arrêté le motocycliste contrairement aux précédentes allégations. Il explique qu’il avait eu peur d’être suspecté. Le 17 septembre, le commissaire Constant, remplaçant de Sébeille, perquisitionne à nouveau chez Maillet, mais se rend à l’évidence qu’il ne correspond pas aux témoignages d’automobilistes qui avait vu un homme grand de taille aux abords de la voiture des Drummond. Le 15 octobre, nouveau rebondissement, puisque Maillet et Clovis Dominici indique que Gustave leur avait confié avoir vu le bras de la petite Elizabeth bougé lorsqu’il était arrivé sur les lieux. Gustave est à nouveau entendu et avoue. Décidément, ce Gustave change de version comme de slips ! Il est inculpé de non assistance à personne en danger et condamné le 16 novembre à deux mois de prison. Il ressort le 16 décembre. L’affaire s’enlise et il faut attendre le 12 novembre 1953, lors d’une reconstitution, pour faire apparaître que le corps de Lady Drummond a certainement été bougé par Gustave. Il est à nouveau entendu et cette fois, il craque le 13 novembre, accusant son père d’être le meurtrier. Clovis, aussi présent, accuse également son père, mais nie avoir eu connaissance que celui-ci possédait cette arme. Pourtant, le 14, les deux fils désignent l’emplacement du fusil dans la grange, ce que Clovis avait toujours réfuté. Eh ! bien, dans la famille Dominici, on est vraiment les rois du mensonge. Gaston est alors entendu et il avoue le 15 novembre. Mais les policiers sont sceptiques. La version de Gaston est truffée d’invraisemblances, et pour eux, il n’a pas pu agir seul. Il reconstitue mal les gestes, et les policiers l’empêchent in extremis de sauter du pont. Tiens, tiens ! Gaston est alors écroué à la prison de Dignes-les-Bains. Le 18 novembre, coup de théâtre, Gustave revient sur ses déclarations et explique qu’elles ont été extorquées sous la contrainte et la fatigue. Le 4 février 1954, Gustave accuse à nouveau son père lorsqu’il est confronté à Clovis. Décidément, que de revirements ! Le 17 novembre 1954, Gaston Dominici passe en procès à Dignes et reconnu coupable de meurtres le28 novembre 1954. Il est conduit à la prison des Baumettes à Marseille et condamné à mort. Mais le carnaval qui a régné lors de ce procès, laisse beaucoup de monde pantois. Rien de plus concret n’est ressorti et la culpabilité totale de Gaston n’a convaincu personne.

Une contre-enquête

Face à la pression médiatique et l’absence de preuve formelle, le Ministre de la Justice décide d’ouvrir un complément d’informations et nomme deux policiers parisiens neutres pour effectuer ce travail. A la fin de l’année 1954, un premier rapport est sans équivoque. Les deux policiers notent des erreurs dans la procédure d’enquête, pensent que la culpabilité de Gaston est peu convaincante, mais ne disculpent pas pour autant le vieux fermier. Ils estiment qu’il ne peut avoir agi seul. De même qu’ils ne peuvent admettre le mobile sexuel, comme l’affirme Gaston. Effectivement le patriarche affirme dans ses aveux, qu’il avait été séduit par Lady Drummond qui se déshabillait et qu’il aurait eu une relation sexuelle avec elle. Surpris par son mari, il aurait abattu tout le monde. Le 6 janvier 1955, le juge Charrias est nommé par le Garde des Sceaux, suite à l’ouverture d’une nouvelle information contre X pour complicité d’homicide volontaire. Mais le juge Charrias est obligé de statuer un non-lieu le 13 novembre 1956. Trop de zones d’ombres planent sur cette affaire.

L’après condamnation de Gaston

La peine de Gaston Dominici sera transformée en prison à vie en juillet 1957, puis il sera gracié par le Général de Gaulle en 1960. La Grand’Terre sera vendue en 1962 et Gaston décédera en 1965 dans un hospice de Dignes. Depuis cette date, Marie son épouse, son fils Gustave et son épouse Yvette ainsi que le petit fils de Gaston ne cesseront de tenter de réhabiliter le vieux fermier de Lurs. Sans succès. Clovis mourra en 1959 d’un cancer et Gustave en 1996. Yvette est toujours vivante à ce jour, et c’est peut-être elle qui détient tous les secrets de cette affaire.



Les erreurs de l’enquête

Contrairement aux idées reçues, l’enquête n’a pas été bâclée par Sébeille. Celui-ci a fait un véritable travail de fourmi avec ses hommes. Il ne s’est pas non plus focalisé uniquement sur la famille Dominici. C’est seulement après de grosses incohérences qu’il a décidé de pousser un peu plus l’enquête du côté de la Grand’Terre. Les mensonges à répétition, les changements de version et de nombreuses incohérences dans les faits l’ont obligé à se pencher sur les Dominici, comme l’aurait fait n’importe quel policier. Malheureusement Sébeille aura fait les frais de certaines erreurs de jugement et de conduite d’enquête. Notamment lorsqu’il arrive sur les lieux, de nombreux badauds et journalistes piétinent le site. Rien n’a été fait pour mettre les gens à distance. Il ne prend pas la liberté d’examiner de plus près le site où l’arme a été trouvée. Et surtout il ne se penche pas plus sur l’histoire du pantalon qui séchait à la Grand’Terre le lendemain des meurtres, et qui, apparemment, n’appartenait à personne. Enfin sa première discussion avec les Dominici n’est pas mise par écrit. Mais c’est surtout les grosses carences de la justice qui sont en cause dans cette affaire et non les méthodes des inspecteurs. Mais voilà, il faut un bouc émissaire, et Sébeille en fera les frais.

Les pressions policières

Il a longtemps été question de pressions policières et de présentation de fausses déclarations pour faire avouer les accusés. Malheureusement aucunes preuves n’existent quand à ses prétendues pressions. Les journaux, qui bien souvent, avaient des partis pris dans cette affaire ont publié tout et n’importe quoi. Les rapports de police, quand à eux, sont formels. Aucune pression et aucun faux dans les écrits n’ont été faits pendant toute l’instruction. De plus, certains policiers présents et amis des Dominici ont toujours réfutés de telles affirmations.

Comment Dominici a-t-il pu être condamné ?

Il est clair qu’aucune preuve formelle n’a pu être fournie quant à la culpabilité de Gaston Dominici. Cependant les aveux, les zones d’ombres des témoignages, les revirements incessants et surtout les mensonges à répétitions de la famille Dominici ont convaincu les jurés dans leurs intimes convictions que Gaston était coupable. Comment peut-on mentir pareillement si l’on a rien à se reprocher ?

Dans les zones d’ombre, on pourrait citer ce fameux pantalon qui séchait le lendemain des meurtres, et qui n’appartenait apparemment à personne. Surtout que les Dominici depuis des années ne faisaient plus de lessive, puisqu’ils chargeaient une tierce personne de s’en occuper. Était-il tâché de sang au point de devoir faire une lessive en toute hâte ?

Le parcours immuable de Gaston Dominici, qui tous les jours, amenait ses chèvres dans le même endroit, passant justement par les lieux des crimes. Etonnement le jour des meurtres, il change d’itinéraire et part dans le sens opposé. Voulait-il éviter d’être vu sur les lieux à cette heure là et de pouvoir proposer un alibi ?

Gustave qui n’aperçoit rien d’étrange en passant à quelques mètres de la voiture, alors qu’elle a été fouillée et que tout est éparpillé par terre, et qui, selon un témoin, se trouvait derrière le véhicule lorsqu’il arrête le motocycliste. Fut-il surpris par l’arrivée du motocycliste alors qu’il maquillait quelque chose ?




La fuite de l’enfant dans le sens opposé de la ferme. Pourquoi n’est-elle pas partie en direction du domaine, où elle aurait certainement trouvé son salut. Connaissait-elle le ou les agresseurs et venaient-ils de la ferme ?

Le déplacement du corps de Lady Drummond par Gustave.

Enfin le passé de Gaston Dominici, qui selon certains témoins, n’aurait pas été le bon vieux papy de la campagne. Il aurait plusieurs fois menacé ses propres enfants et sa femme. De tempérament coléreux et agressif, il aurait même poursuivi un villageois avec une hache. Il n’aurait pas hésité à faire fuir des campeurs avec son fusil. Bref, loin de cette image d’un bon campagnard un peu bourru.

L’hypothèse du complot

Certains auteurs ont affirmé que cette affaire cachait en fait un complot visant à éliminer Sir Drummond, qui en plus d’être un nutritionniste renommé, aurait été également un agent secret envoyé pour espionner l’usine de St-Auban, et qui aurait fait partie d’une équipe chargée de recruter des savants nazis à la fin de la guerre, au nez et à la barbe des soviétiques. Ils en veulent pour preuve les allégations d’un certain Barthowski, qui aurait avoué avoir été le commanditaire d’une expédition punitive, dirigée par le KGB et partant depuis la Suisse. Qu’il aurait donné rendez-vous à Drummond à cet endroit précis, sachant qu’il aurait tout le loisir de faire porter le chapeau à de bons boucs émissaires tels que les Dominici. Cependant cette thèse est peu crédible. Tout d’abord, Barthowski est un affabulateur pas tenté. Ceci a été reconnu dans plusieurs rapports. Ensuite, il est complètement aberrant que les meurtriers se soient encombrés d’un fusil rafistolé de la 2ème guerre, alors qu’il aurait été bien plus simple de porter des pistolets ou revolvers. Et pour terminer, on sait que le ou les meurtriers ne connaissaient probablement pas bien le maniement d’une telle arme pour que des cartouches jonchent le sol. Cela ne peut venir d’un commando certainement bien entraîné aux armes. Quand à Sir Drummond, il n’a jamais fait partie d’un service d’espionnage ou de contre-espionnage. Tous les anglais ne sont pas des espions… !

Les éléments bizarres

Dans cette affaire, il reste néanmoins des éléments extrêmement bizarres qui n’ont toujours pas été éclairés.

- En premier lieu, les Drummond qui se trouvaient à Dignes pour assister à une Charlotade (Corrida sans mise à mort de l’animal) et qui décident de prendre la route à 18h00 pour rentrer à Villefranche au lieu de rester à l’hôtel de Dignes où ils séjournaient. Curieux, quand on pense qu’ils étaient habitués à fréquenter les bons hôtels. Par vraiment le genre à faire du camping sauvage, surtout qu’ils ne sont presque pas équipés. Qui plus est de s’arrêter au bord d’une nationale particulièrement fréquentée à cette période de l’année, alors qu’il y a des endroits plus agréables au bord de la Durance. Certains avancent l’hypothèse qu’ils se sentaient plus en sécurité aux abords d’une ferme. Peut-être, mais pas convaincant ! D’autres expliquent qu’ils avaient rendez-vous à midi à Villefranche. Peut-être, mais en partant tôt le matin, il n’y aucun problème pour arriver à l’heure.

- D’après certains témoignages, Lady Drummond et la petite Elizabeth seraient venues à la ferme des Dominici pour chercher de l’eau vers 19h00, et qu’elles auraient même discuté un moment avec Gaston et Yvette, grâce à la petite qui parlait un peu le français. Donc, à priori, pas d’animosité avec les propriétaires de la ferme.

- Le témoignage de Boyer, qui affirme n’avoir jamais vu pareille arme chez Gaston qu’il connaissait bien. Il savait que le patriarche possédait un fusil de chasse, mais n’avait jamais vu le fusil américain.

- Un pantalon d’enfant retrouvé à une cinquantaine de mètres de la petite fille et qui n’a jamais été minutieusement examiné. Sur lequel, on aurait peut-être pu trouver des empreintes ou autre chose. Cette pièce a été classée.

- Les pieds de l’enfant, qui ne présentaient aucunes écorchures. Difficilement possible si l’enfant a tenté d’échapper à son agresseur et parcouru près de 100 mètres.

- Enfin l’emploi du temps de Roger Perrin, dit Zézé, le petit-fils de Gaston, entre 19h00 et 8h00, qui n’a convaincu personne et qui est connu pour être un bon menteur. Décidément dans la famille, c’est une véritable obsession !

Les hypothèses

Outre celle du complot, qui ne ressemble à rien d’autre qu’un film de 007, on pourrait aisément en retenir deux :

1. On sait qu’un motocycliste et une personne ont été aperçus avant les meurtres près de la voiture des Drummond. Y-a-t-il eu altercations entre les victimes et une de ces personnes ? Ou y-a-t-il eu tentative de vol ? Cela peut être possible. Gaston aurait entendu et serait sorti, armé du fusil pour faire régner l’ordre. Mais comme il le dit dans sa déposition, il était ivre. Il aperçoit Drummond qui vient dans sa direction, ne le reconnait pas, le met en joue. Drummond tente de s’expliquer mais les deux hommes ne se comprennent pas. Gaston tire un premier coup, qui atteint sa victime dans la main. Drummond se précipite alors vers sa voiture poursuivi par son assaillant et reçoit une balle dans le dos. Il chancelle, traverse la route et Gaston l’achève d’une 3e balle. Lady Drummond prise de panique se met à hurler. Gaston la fait taire en lui administrant 3 balles dans la région du cœur. Mais son chargeur est vide, il doit faire taire aussi la petite, sur laquelle il assène un violent coup de carabine. Gustave, réveillé par les tirs, rejoint son père et voit le carnage. Son père lui ordonne de prendre le corps de la petite et de le jeter dans la Durance. Il veut faire passer ces meurtres pour un kidnapping ou un vol. Gustave obtempère, mais il n’a pas le courage de la jeter dans la rivière et la laisse sur le talus. Après un semblant de cambriolage dans la voiture, ils repartent à la Grand’Terre. Le lendemain Gustave se rend directement où il a laissé la petite. Il pense qu’elle a bougé le bras et pris de panique lui assène un deuxième coup sur la tête avec la carabine qui se fracture. Il la jette alors dans un trou près de la Durance. Il revient vers la voiture et remarque l’appareil photo, mais au même moment le motocycliste apparait et il l’arrête. A son départ, Gustave saisira l’appareil qui pourrait s’avérer très dangereux. La suite, on la connait… !

2. On sait que même si Gaston était le propriétaire et chef de la Grand’Terre, c’est avant tout Gustave qui faisait tourner la ferme. Suite au problème de l’éboulement, Gaston ordonne à son fils de veiller pendant la nuit à ce que celui-ci ne s’aggrave pas. En compagnie de Roger Perrin, dit Zézé, Gustave fait le guet en passant régulièrement devant le campement de fortune des victimes, afin d’égayer un peu cette nuit. Excédé par leur va et vient continuel, Drummond se fâche et les engueule en anglais. Ils vont répéter ce qui vient de se passer à Gaston, qui ne l’entend pas de cette oreille. Le vieux file chercher sa carabine afin de les chasser. Mais bourré comme une cantine, Gaston ne mesure pas sa colère et descend Sir Drummond. Gustave, pris de panique et entendant hurler Lady Drummond saisit la carabine de la main de son père et tue cette dernière de 3 balles. Ne sachant pas vraiment manier l’engin, il effectue deux mouvements de charge, alors qu’elle est semi-automatique. Ce qui expliquerait les deux cartouches retrouvées sur les lieux. La suite ressemble à la première hypothèse, sauf que Gustave est aidé par Zézé en ce qui concerne le meurtre de la petite Elizabeth.

Epilogue

Ce sont les hypothèses les plus couramment citées, mais rien ne permet bien entendu de les prouver. Peut-être ne saura-t-on jamais ce qu’il s’est réellement passé, vu que tous les protagonistes se sont retranchés derrière une valse de mensonges, de fausses déclarations et surtout de mystères. Mais ce qui est d’autant plus triste, c’est que la petite Elizabeth, qui avait toute la vie devant elle et qui n’avait rien demandé à personne, fut abattue de manière si lâche et si inhumaine. Seuls des bouchers dignes d’Auschwitz, qui n’ont rien à faire dans une société telle que la notre, pouvaient agir de la sorte. Et ce qui est encore pire, c’est qu’aucune langue ne se soit vraiment déliée, laissant planer à jamais le doute et le mystère. Comment peut-on laisser passer une telle horreur sans lever le petit doigt ? Comment des gens peuvent-ils continuer à taire ce qu’ils ont vus ou sus et rester si insensible, en préférant garder égoïstement leur petit secret ? Et comment des magistrats ont-ils pu laisser se dérouler un procès, qui a presque sombré dans le burlesque ?

La petite Elizabeth se pose la question….. et nous aussi !!!

Quand aux Dominici, qui ont sans cesse demandé la réhabilitation de Gaston, ils ont intérêt à se replonger dans les tonnes de dossiers que comporte cette affaire et de compter le nombre de mensonges qu’ils ont pu nous révéler. Juste une fois, dire enfin la vérité, ne serait-ce que pour cette petite fille. J’espère pour eux qu’ils ont la conscience tranquille, sans quoi, ce serait l’hôpital qui se fout de la charité.



Source : http://enigmeshistoire.e-monsite.com/pages/l-affaire-dominici.html

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